Nancy Doyon: 15 histoires qui ont marqué mon cheminement

bébé nanouNée en 1971 à Thetford Mines dans une petite ville du Québec entourée de lacs, de forêts et de mines d’amiante, j’ai grandi au sein d’une famille pour qui la psychologie et le développement personnel étaient essentiels. En effet, mon père et ma mère ont participé à plusieurs formations et ateliers sur le développement personnel et ils tenaient régulièrement à notre domicile, des discussions de groupes sur des sujets tels que la loi de l’attraction, l’importance de la pensée positive, l’entraide et la remise en question de nos croyances. De nos jours, ces principes sont désormais largement reconnus, mais à l’époque, cette philosophie de vie pouvait sembler bien étrange.

Ma famille

nanou bébéCertains enfants de mon école n’avaient pas le droit de jouer avec moi, car leurs parents croyaient à tort que ma famille faisait partie d’une secte. Afin
de parfaire ma compréhension générale de la vie, mes parents ont pris le temps de m’intégrer dans des discussions d’adultes très philosophiques et profondes et j’ai donc appris dès mon plus jeune âge à méditer sur le sens de mes actions et à développer mon empathie et mon sens critique envers les autres.

Très tôt, ma mère m’a aidée à comprendre les raisons pour lesquelles certaines personnes ont des comportements inadéquats plutôt que de les juger. Par exemple, au primaire, j’étais victime d’intimidation de la part d’un jeune garçon de mon école. Afin de résoudre cette situation, mes parents m’ont encouragée à m’affirmer en sa présence et à défendre mes amis. Parallèlement, ma mère me disait également : « S’il fait ça, c’est sûrement parce qu’il n’est pas bien dans sa peau. Les enfants heureux se conduisent bien avec les autres. Peut-être qu’il ne se sent pas aimé de ses parents? Peut-être qu’il se sent stupide parce qu’il a de mauvaises notes? » J’ai donc appris, grâce à la sagesse de ma mère, à voir au-delà des agissements des autres et à ne pas juger.

Mes parents m’ont aussi beaucoup impliquée dans leurs différentes activités de bénévolat. J’ai donc goûté, dès mon plus jeune âge, au bonheur que l’on ressent lorsqu’on aide les autres. J’ai toujours ressenti un énorme plaisir à diffuser de l’amour et du bien-être autour
de moi. Encouragée et soutenue par mes parents, j’ai toujours su que j’étais « née pour aider ».

soeurVers l’âge de 9-10 ans, j’étais très attirée par la religion catholique. Je me rendais à l’église et j’assistais à la messe toute seule et l’histoire de Ste-Thérèse de Lisieux me fascinait particulièrement. Je crois sincèrement que si j’avais vécu à une autre époque, je serais devenue religieuse. Je me voyais en « Mère Teresa » à aider les gens plus démunis. Mais bon, j’ai « attrapé l’adolescence » et l’idée d’entrer au cloître s’est évaporée, mais le désir d’aider a continué de m’habiter.

Une estime personnelle bien nourrie

Ce que mes parents ont fait d’encore plus merveilleux, c’est de me doter d’une excellente

estime personnelle. Bien que je n’aie jamais été officiellement diagnostiquée, je possède tous les symptômes d’un trouble du déficit de l‘attention (TDAH). En effet, depuis que je suis toute petite, je suis extrêmement distraite ou plutôt, lunatique, comme on l’exprimait à l’époque. J’oubliais tout, (ça n’a pas beaucoup changé!), je perdais sans arrêt mes mitaines et mon matériel scolaire, j’étais maladroite et je multipliais les gaffes. Dès l’âge de deux ans, je parlais et bougeait sans arrêt. En classe, ou bien je bavardais avec mes voisins, ou bien je dessinais, ou je disparaissais très loin dans mes pensées. J’étais un peu impulsive, parfois agitée (bien que je n’étais pas hyperactive, mes mains et mes pieds avaient un besoin irrépressible de bouger) et très souvent dans la lune.

Chaque année, mes professeurs demandaient à voir ma mère : « Elle dérange en classe, elle dérange ses copains, elle dessine ou regarde par la fenêtre plutôt que d’écouter, elle perd son matériel et elle est TELLEMENT LENTE! Elle termine toujours de s’habiller en dernier! ». Mais pour mes parents, il était clair que je n’avais aucun « problème », j’avais une personnalité différente.

J’étais dans la lune? Pour eux, je possédais une imagination sans borne, j’étais créative et je pensais à trop de choses. J’ai suivi des cours de dessin et on m’a pourvue de tous les livres de lecture que je voulais. J’étais agitée? J’avais de l’énergie à revendre, il fallait donc me permettre de faire davantage d’activité physique. Mon impulsivité? J’étais sensible et j’avais besoin d’apprendre à mieux gérer mes émotions. Mon bavardage incesgateausant? J’avais tout simplement un talent en communication, beaucoup de trucs à dire et par-dessous tout, un grand besoin de m’exprimer. Mes parents m’intégraient régulièrement dans les discussions d’adultes, m’invitant à exprimer mes opinions et différents points de vue et ils écoutaient attentivement et réellement mes réponses. L’importance qu’on m’accordait me motivait à aiguiser mon jugement et à m’exprimer intelligemment. Ils m’ont aussi rapidement confié un micro entre les mains! Quelqu’un avait besoin d’un animateur? Ma mère proposait mes services. J’ai ainsi animé avec elle différents groupes de jeunes ainsi que des ateliers de pastorale. À l’âge de 10 ans, je présentais ma première conférence devant un auditoire adulte!

Donc, plutôt que de grandir avec l’impression d’avoir un problème, d’être insatisfaisante  ou dérangeante, j’ai plutôt grandi avec la ferme conviction que je possédais des talents distinctifs. Étant la troisième de la famille, on m’a vite traitée « comme une grande », et amplement valorisée pour ma maturité. L’éducation reçue par mes parents était axée sur des valeurs de responsabilités. Ils me faisaient infiniment confiance, mais tout en m’obligeant à assumer les responsabilités liées à mes choix et à mes actes. Donc, plutôt que de tenter de me contrôler et de m’emprisonner dans un moule, on m’a appris à réfléchir.

Quelqu’un que j’aime a des problèmes de toxicomanie

Au tout début de mon adolescence, ma sœur fréquentait un garçon que j’adorais et ils m’invitaient très souvent à partager leurs activités et leurs sorties. Je considérais Jean comme un grand frère. Il était gentil, chaleureux, drôle et il discutait beaucoup avec moi. Jean a développé des problèmes de toxicomanie et on m’a informée de sa situation lorsqu’il a dû entrer en maison de thérapie. À sa sortie, il m’a beaucoup parlé.

IMG_0682Il m’a expliqué comment il était passé lentement de ses premières expériences avec la drogue, à une consommation occasionnelle pour ensuite ressentir un besoin nécessaire et quotidien de drogue. Jean voulait me prévenir et me sensibiliser aux plaisirs éphémères de ces paradis artificiels. Il m’a raconté le déroulement de sa thérapie et ses durs combats quotidiens pour ne pas rechuter. Ces paroles m’ont touchée droit au cœur.

Jean a éventuellement rechuté et ma sœur s’est résignée à le quitter. Elle devait avant tout se protéger et je la comprenais, mais j’étais également très triste.

Par la suite, en plus de me méfier de l’alcool et des drogues, j’ai développé un désir intense d’aider et de soutenir les personnes comme Jean. Ces personnes qui ne sont ni mauvaises ni méchantes et qui, malgré elles, font souffrir leur entourage.

Les "centre jeunesse"

Puisque dans les centres de thérapie on embauche généralement d’ex-toxicomanes, je me suis dit que les centres jeunesses me permettraient certainement d’aider les jeunes à ne pas emprunter la voie de la consommation. Je me suis donc inscrite au collégial, en éducation spécialisée. J’ai complété mes stages d’études dans un centre jeunesse pour garçons et on m’a ensuite embauchée. J’y ai travaillé pendant près de 9 années et y ai puisé des enseignements considérables ! Bien entendu, je ne suis venu en aide qu’à ceux qui le voulaient bien. Plus souvent et plus souvent qu’à mon tour, j’ai été bien déçue de constater que plusieurs d’entre eux persévéraient dans leurs comportements destructeurs et ce, malgré mes efforts incessants. Quand un des jeunes que j’aimais a mis fin à ses jours, j’ai compris, à la dure, que je ne pouvais pas tous les sauver et qu’on ne peut malheureusement pas aider quelqu’un qui ne le désire pas vraiment. J’ai aussi compris et accepté que certaines blessures profondes ne guérissent pas facilement (il avait été abusé sexuellement par le conjoint de sa mère).

Mon expérience d’intervenante m’a appris que notre rôle consiste parfois à semer des graines qui, avec du travail et de la volonté, fleuriront plus tard. Beaucoup de mes anciens jeunes du centre d’accueil, désormais des adultes, me retrouvent sur Facebook et prennent le temps de m’écrire un petit mot de remerciement ou me partagent même leurs témoignages poignants de leur cheminement post centre d’accueil. Ils m’expliquent l’impact majeur qu’a eu une phrase ou un commentaire que je leur ai communiqués. L’un de ces jeunes, Patrick, m’a confié avoir eu recours à plusieurs thérapies avant de parvenir à se sortir de l’enfer de la drogue. Il m’a partagé que lorsqu’il se sentait coupable et avait envie de baisser les bras, il repensait à cette phrase que je lui disais souvent : « Peu importe ce que tu as fait avant, ce qui est important c’est ce que tu feras du reste de ta vie!».

Ma plus forte expérience à cette époque, a été sans contredit de devenir famille d’accueil pour certains jeunes afin de les aider à faire une transition saine entre le centre d’accueil et la vie en appartement. Je n’avais moi-même que 23 ans. Stéphane était un de ces jeunes que j’ai pris sous mon aile. Son enfance avait été parsemée de violence et de rejet. Je le considérais comme mon fils et j’ai tenté de lui offrir la stabilité et l’amour inconditionnel qu’il n’avait jamais goûtés et auxquels il avait droit. Comme il aimait le plein air, je l’ai initié à plusieurs sports extérieurs : raquette, ski, escalade. Lors de sa première fête de Noël en ma compagnie, Stéphane a pleuré toutes les larmes de son corps puisque c’était la première fois de sa vie, à 16 ans, que des cadeaux sous le sapin lui étaient destinés. « Ça ne te fait pas plaisir? » ai-je demandé. Ce qu’il m’a répondu m’a sidérée : « Non, ça fait mal! Ça me remet dans le visage toutes les années où je n’en ai pas eus. J’avais fini par me convaincre que c’était normal. ».

Après son passage chez-moi, j’ai gardé contact avec lui pendant quelques années.  À ses 18 ans, il est parti habiter à Montréal. Il m’appelait de temps à autre et venait passer quelques jours pendant la période des fêtes. Les contacts se sont progressivement espacés, puis un jour il a disparu. Je suis demeurée plus de 15 ans sans avoir de ses nouvelles et il y a 3 ans, juste avant Noël, Stéphane m’a contacté sur Facebook. Ce qu’il m’a écrit m’a complètement chamboulée : « Après t’avoir connu Nancy, j’ai rencontré plusieurs autres personnes qui étaient prêtes à m’aider. Chaque fois, j’étais méfiant et je ne croyais pas mériter cette aide. Et alors je pensais à toi et je me disais que si toi, tu m’avais aidé sans attente et que si toi tu avais cru en moi, peut-être que ces personnes étaient aussi dignes de confiance, peut-être, que j’avais droit à cette aide. » Il vit maintenant dans l’Ouest, il est marié et il a 3 enfants et me dit qu’il est heureux. Ses photos montrent un homme souriant, qui partage plusieurs activités de plein air avec sa famille. Il gagne très bien sa vie en lavant les fenêtres des gratte-ciels.
On ne sait jamais l’impact positif qu’on aura sur la vie des autres!.

Des expériences de travail variées et enrichissantes

Quelques années plus tard, lorsque je suis devenue « maman monoparentale » alors que ma fille était encore bébé, l’horaire variable et instable des Centres Jeunesse avec ses quarts de jour, de soir, de weekend, et sur appel, est devenu invivable. Je me suis donc décidée à « aller voir ailleurs.» Je me rappelle que, puisque les seuls boulots que je trouvais étaient temporaires, ma mère me suggéra de demeurer sur les listes de rappel du centre d’accueil plutôt que de démissionner. Elle me suggéra de me « garder un pied » au centre jeunesse afin de m’assurer d’une sécurité. Je me rappelle lui avoir répondu que je craignais de toujours y retourner dès que je manquerais de travail plutôt que de m’acharner à trouver autre chose. « Quand on se garde un pied quelque part, on n’a plus ce pied là pour avancer » lui avais-je dit. J’ai donc démissionné.

J’ai ensuite enchaîné une série de contrats dans les écoles primaires et secondaires, les garderies et les CLSC avant de décrocher finalement un poste permanent en stimulation précoce dans un CLSC à 30 minutes de chez-moi. Ces expériences variées m’ont permis d’acquérir une expertise professionnelle auprès des enfants de 0 à 18 ans et leur famille et j’ai eu la chance d’avoir accès à de nombreuses formations qui ont façonné mon bagage clinique. Passionnée par mon métier et avide de savoir, j’ai personnellement investi sur plusieurs formations et consommé une quantité innombrable de livres sur l’éducation des enfants.

D’éducatrice spécialisée à conférencière

photo_2318335_landscape_small_articleC’est à travers ces différents emplois que j’ai aussi commencé à animer des groupes de parents, puis des conférences et des formations. L’école de parents par laquelle j’avais été « recrutée », me permettait également de présenter des conférences aux parents de la Commission scolaire des Navigateurs et ainsi arrondir mes fins de mois en plus de parfaire, progressivement, mes talents de conférencière. Contre toutes attentes, les demandes pour mes conférences se sont rapidement multipliées. Alors, tout en continuant de travailler au CLSC, je me suis mise à donner de plus en plus de conférences et de formations au sein de différents organismes. C’est à ce moment que j’ai commencé à entrevoir la possibilité de gagner ma vie de cette façon. J’ai vite compris que plus un conférencier est connu, plus il est en demande et plus sa valeur marchande augmente. Il fallait donc me faire connaître.

Au cours de mes conférences, il se produisait un phénomène inattendu : à la fin de la soirée, plusieurs parents venaient me rencontrer et me demandaient si je pouvais me rendre chez eux pour les aider. Je les référais alors à leur CLSC, mais comme les listes d’attentes sont souvent exhaustives et que dans certains secteurs, les parents n’avaient accès qu’à un nombre limité de séances, j’ai entrepris d’offrir des consultations privées. « Peut-être existe-t-il un marché pour des services éducatifs privés? », me suis-je dit. Mais, autour de moi, les gens étaient rabat-joie et me disaient que mon projet était voué à l’échec. Puisque les éducateurs spécialisés ne font partie d’aucun ordre professionnel, les assurances ne rembourseraient pas mes honoraires et du coup, il m’était donc quasi impossible de me bâtir une clientèle. Malgré ces obstacles, la demande pour mes services ne cessait de croître. Quelle situation intéressante et même passionnante! Mais de là à quitter un poste permanent au sein des services gouvernementaux avec tous les avantages sociaux qu’ils me procurent et que dire de la sécurité d’emploi…

Formation en coaching

À cette époque, ma sœur Chantal, mon adjointe actuelle, a suivi une formation en coaching. Cet apprentissage l’a tellement passionnée qu’elle est devenue l’une des meilleures ambassadrices! À force de discuter avec elle, j’ai constaté que son approche me rejoignait entièrement, tant par sa philosophie que par sa méthode structurée. J’ai donc décidé d’utiliser mes quelques économies afin d’aller suivre différents séminaires offerts chez YULCOACH. Le formateur, un personnage très coloré, a su éveiller en moi la passion du coaching. Bien que la majeure partie du contenu était axée sur l’entreprise et la croissance personnelle, j’écoutais attentivement le formateur en me demandant constamment : « Comment puis-je appliquer ces principes dans les familles? » Et voilà, l’idée de développer des services de coaching familial prenait forme. « Mais ça ne marchera pas! » me répétait mon entourage. « Le coaching est une mode, ça va passer. » me disait-on.

Pourtant, juste en appliquant quelques-uns des principes de coaching acquis lors de ma formation, j’ai pu constater le progrès impressionnant des familles avec lesquelles je travaillais en privé et au CLSC.

Alors que j’animais des ateliers de stimulation précoce pour des enfants aux prises avec des retards de langage, cognitifs et psychomoteurs, dont certains grandissaient malheureusement dans des contextes de pauvreté ou de négligence, j’ai reçu un appel d’une orthophoniste, qui me référait plusieurs de ses petits clients et qui me demanda : « Mais que fais-tu Nancy? Je n’ai jamais vu des enfants progresser aussi rapidement et des parents aussi impliqués dans la stimulation de leurs bambins! »

Une recherche sur Internet m’a permis de constater qu’il n’existait aucune formation au Québec sur le sujet et que les services de coaching familial étaient quasi inexistants. Il existait bien sûr quelques formations de « Family Coaching » aux États-Unis, mais le contenu me semblait loin de ce que je voulais développer et mes recherches sur les sites européens ressemblaient plutôt à des groupes de discussion entre parents, animés par des gens sans réelle formation. Mon projet était précis, je voulais offrir des services de « Super Nanny », à domicile, selon l’approche du coaching, mais aussi en intégrant toutes les connaissances accumulées au cours de mes nombreuses autres formations.
J’ai donc, petit à petit, développé ma propre approche en coaching familial et le bouche-à-oreille a lentement fait son œuvre et fait croître ma clientèle.

Bonheur Total et les autres médias

Toujours consciente que, pour gagner ma vie comme coach familial et comme conférencière, j’avais avantage à être connue, j’ai sauté sur la première occasion de me retrouver dans les médias. En effet, alors que je travaillais toujours au CLSC et que j’offrais des conférences via l’École des parents, mon patron de l’époque m’a proposé de participer à l’émission « Bonheur total » sur les ondes de Canal Vox (maintenant MA TV) afin d’y parler de l’organisme de conférence. Malgré ma gêne et mes craintes de faire une folle de moi, j’ai accepté de relever le défi. J’ai tout de suite « connecté » avec l’animatrice, Josey Arsenault, et avec son équipe simple et accueillante. L’enregistrement s’est plutôt bien déroulé et, à la fin de l’émission, sans aucune attente, je leur ai offert mes services de chroniqueuse famille. Le lendemain la réalisatrice me contactait pour m’offrir de faire partie de l’équipe. Notre belle collaboration a duré pendant 7 saisons, soit jusqu’à à la fin de l’émission.

Par la suite, je me suis retrouvée au FM 93 à participer à différentes émissions, puis diverses autres stations de radio et de télévision ont ensuite fait appel à mes services.
À la télé, j’ai fait plusieurs chroniques et entrevues à l’émission matinale « Salut bonjour Weekend », « au TVA nouvelles » et à « Deux filles le matin » sur la chaîne TVA, ensuite « Trucs et compagnie », « Ménage à trois » et « Ça commence bien » sur V télé, à Radio-Canada. J’ai également été invitée à me prononcer à titre de spécialiste dans diverses stations de radio de Québec, Montréal et autres régions dont FM 93, Rythme FM, Radio-Canada, Weekend radio et CKOI. Cette visibilité a rapidement fait grandir la demande pour mes services de coaching familial et mes conférences. Je me suis donc retrouvée débordée, mais on ne peut tout de même pas abandonner un poste permanent dans un CLSC!

La motivation qui en prend pour son rhume!

À cette époque, le CLSC où je travaillais développait des services visant les clientèles en contextes de pauvreté et de négligence. Une partie de mon travail consistait à visiter plusieurs fois par semaine des familles qui, dans plusieurs cas, ne voulaient pas de mes services. Je devais tenter par tous les moyens de leur enseigner les habiletés parentales qui les empêcheraient de voir leur dossier confié à la protection de la jeunesse. Parmi eux, j’ai rencontré des gens fort attachants et qui, avec de l’aide et du soutien, ont su redresser leur situation et offrir à leurs enfants le cadre familial sain et accueillant dont ils avaient besoin.

Ces gens ont parfois vécu des histoires d’horreur tellement sordides qu’elles paraissent invraisemblables. Je parle ici de l’histoire de cette femme qui a vu son père se suicider devant elle alors qu’elle n’avait que 8 ans, après l’avoir supplié de ne pas « l’amener avec lui », ou de cette jeune fille dont le père avait cruellement vendu les services sexuels dès l’âge de 6 ans, en passant par cet homme qui avait été enfermé en quasi permanence dans une cave alors qu’il n’était qu’un enfant. Je me rappelle aussi cette maman, avec une déficience intellectuelle légère, complètement dépassée par l’hyperactivité de son fils, qui n’avait pas trouvé mieux comme solution, que de l’attacher à une chaise quand elle n’en pouvait plus. Être parent, avec une histoire personnelle aussi dramatique, n’est pas chose aisée. La majorité d’entre eux aimaient profondément leurs enfants. Avec du soutien, certains progressaient, petit à petit, d’autres non.

Parmi eux se trouvait une femme de 20 ans, appelons-là Nadia. Mère d’un enfant de 3 ans, Thomas, qui ne parlait pas et n’était pas encore propre. Elle était maintenant enceinte d’un deuxième enfant. Nadia ne prenait pas soin de Thomas, ni d’elle-même et l’appartement, insalubre, dégageait une odeur infecte. Nadia n’était pas une mauvaise fille, bien au contraire, mais elle était meurtrie par la vie, ne savait pas comment s’en sortir et incidemment, avait de la difficulté à maintenir sa motivation d’aller de l’avant.
Un jour, alors que je discutais de mon travail avec ma mère, celle-ci me dit : « Tu sais, Nancy, parfois les gens doivent toucher le fond avant de remonter à la surface ». Ouais, ça fait du sens pour la plupart des gens. Mais il y a du monde, sur cette planète qui sont nés « au fond » et n’ont jamais vu la surface. Pour eux, nager à deux pouces du fond, c’est le Nirvana! Ensuite, ils s’épuisent et retournent au fond. De toute façon, ce fond, c’est leur enfance, leur sécurité, ce qu’ils connaissent.

J’ai tenté d’aider Nadia à stimuler Thomas, de lui enseigner à lui donner de l’amour puis l’accompagner afin qu’elle prodigue les soins de base au nouveau bébé. Un jour, l’infirmière a découvert que le bébé était couvert de bleus. Le nouveau conjoint de Nadia fut alors accusé. Bien que celui-ci soutienne que Mme laissait son fils ainé enfermé dans une chambre la plupart du temps, pendant qu’elle naviguait sur le net, les services sociaux décidèrent de lui donner une dernière chance. J’ai donc continué d’aller voir Nadia, Thomas et Antoine le nouveau bébé. Bien souvent, lors de mes visites, Nadia n’ouvrait pas la porte alors que je l’entendais de l’autre côté et lorsqu’elle se décidait à ouvrir, elle affichait une mine désintéressée et semblait attendre impatiemment que je parte. Nadia a déménagé et je n’ai plus revu Thomas, ni Antoine. Puis, un jour, j’ai appris à travers les branches que Bébé Antoine était mort. Diagnostic : Mort subite du nourrisson! Aux dernières nouvelles, Nadia a toujours la garde d’Antoine et a eu 2 autres enfants.
Malgré toute la bonne volonté du monde et un cœur de Mère Teresa, c’est parfois épuisant d’aider des gens qui ne veulent pas de notre aide.

Bumping!

L’époque des fusions des CLSC qui sont devenus les CSSS. Dans la foulée de ces fusions, on m’a annoncé un matin que je perdais mon poste, supplantée par un collègue qui n’avait, de surcroît, aucune expérience avec les enfants (et ne semblait avoir aucun intérêt), mais qui préférait mon horaire au sien. Je me suis donc retrouvée dans l’obligation d’accepter un poste en santé mentale adulte. Mon nouveau travail consistait à me rendre au domicile de personnes souffrant de problèmes de santé mentale et de m’assurer qu’elles avaient une bonne hygiène de vie. J’avais alors avisé mes patrons que je n’avais absolument aucune connaissance ni aptitudes pour effectuer ce travail et que, s’ils m’avaient soumise à une entrevue, ils ne m’auraient jamais offert ce boulot. Qu’à cela ne tienne, ils m’ont remis une pile de dossiers et m’ont laissée me débrouiller par moi-même. Plusieurs de ces clients étaient lourdement atteints et je n’avais absolument aucune idée de la manière de les aider. Certains hommes m’offraient des fleurs, un autre me jetait du sel sur la tête quand j’arrivais chez-lui pour éloigner les esprits et un dernier m’attendait régulièrement en sous-vêtements! Un peu moins d’un mois m’a suffi pour finalement démissionner!

Se jeter en bas d’une falaise et espérer qu’il me pousse des ailes avant de m’écraser au sol!

J’ai donc décidé de me consacrer à temps plein à mon entreprise. On m’a suggéré de « me garder un pied » dans mon ancien boulot afin que je puisse y retourner si mes affaires ne fonctionnaient pas ou si un poste intéressant devenait disponible. Ma décision était prise, je choisissais de déposer une démission définitive. Quand on se garde un pied quelque part, on ne l’a pas pour avancer! En fait, je craignais qu’à la moindre baisse d’activités dans mon entreprise, je ne sois tentée de retrouver ma jolie sécurité et ainsi saboter mon projet. Je crois fermement qu’on doit se résigner à fermer des portes pour que d’autres s’ouvrent à nous.

Alors que mes amis proches m’encourageaient dans ce changement de vie, certains collègues et personnes de mon entourage ont plutôt mal réagi à ma décision. On me disait que j’étais complètement irresponsable de quitter un poste permanent dans la fonction publique pour me jeter dans une aventure vouée à l’échec, alors que je venais tout juste de m’acheter une maison. On me disait que je ne pensais qu’à moi et pas à ma fille. Mon conjoint de l’époque émettait aussi de forts doutes sur cette décision qui l’impliquait lui aussi. Dur, dur de maintenir le cap sur notre intuition face à ce type d’argument. Dur, dur aussi de ne pas tomber dans l’envie de prouver à tous qu’ils ont tort. Il me fallait rester branchée sur mon intuition, mon senti et mes objectifs à moi, MON chemin de vie, pas mon égo.

J’ai quitté mon poste en février 2009 en me croisant les doigts pour avoir suffisamment de clients pour vivre. En avril, j’avais déjà une liste d’attente pour mes services et en septembre, j’ai embauché et formé une intervenante pour me venir en aide, puis deux autres se sont jointes à mon équipe en janvier 2010. Ouf! Mon entreprise était officiellement sur les rails!

Parution de mon 1er livre 

Nancy_gros_planSuite à mes apparitions dans les divers médias et à la popularité grandissante de mes conférences, des maisons d’édition ont commencé à me contacter pour savoir si j’avais l’intention d’écrire un livre. J’avais déjà plusieurs textes écrits, mais il m’était difficile de trouver le temps de m’investir dans cette tâche plus sérieusement. De plus, je ne voulais surtout pas réécrire quelque chose qui avait déjà été publié. Il existe tellement de bons livres sur l’éducation des enfants! Pourquoi en écrire un de plus? Finalement, c’est après avoir effectué plusieurs recherches parmi la littérature existante que j’ai réalisé ce qui manquait : un livre simple, teinté d’humour qui aiderait les parents à mieux comprendre POURQUOI leurs enfants adoptent des comportements dérangeants. Un livre qui donnerait des stratégies d’intervention sans toutefois tomber dans la petite recette toute prête. Je voulais également créer un livre facile à lire, au contenu léger qui, au lieu de culpabiliser les parents, les aideraient plutôt à observer davantage leurs enfants et à simplement utiliser leur « gros bon sens ». C’est ainsi qu’est né l’idée du livre « Parent gros bon sens ».

Mais comment trouver le temps d’écrire avec une entreprise et une famille à gérer? Qu’à cela ne tienne, je me suis levée tous les weekends à 6h30-7h00 du matin et je m’affairais à l’écriture jusqu’à ce que la famille soit debout. Les matins où je n’avais pas d’inspiration, je me poussais quand même à écrire, même si je devais reprendre mon travail plus tard. Un an et demi plus tard, le manuscrit était fin prêt. Parmi l’ensemble des maisons d’éditions qui m’avaient précédemment contactée, mon choix coup de cœur s’est arrêté sur les Éditions Midi trente. Il aura suffi d’un dîner en compagnie des deux propriétaires pour que mon intuition me hurle de conclure une entente avec elles et je ne l’ai jamais regretté. C’est fou comme les décisions prises grâce à mon intuition se sont presque toujours avérées être les bonnes.

Début de la formation en coaching familial

Malgré ce beau succès, une ombre planait. Mon couple battait de l’aile. Mon conjoint vivait mal ce lancement d’entreprise et toute la place que prenait ma passion dans notre vie quotidienne. De mon côté, j’étais blessée par le manque d’intérêt qu’il manifestait envers mes projets et par ses critiques. C’est ainsi que se termina notre relation, soit quelques mois à peine après le lancement de mon premier livre.

Par la suite, j’ai dû trouver le financement nécessaire afin de conserver ma maison, mais les institutions financières étaient plutôt réticentes à prêter à une entrepreneure en démarrage d’entreprise. À la même époque, je devais aussi former régulièrement de nouveaux coachs, car mon entreprise allait très bien et la tâche de travail ne cessait de grandir. C’est également au cours de cette époque que j’ai commencé à recevoir fréquemment des demandes d’intervenants externes qui voulaient en apprendre davantage sur mon approche afin de pouvoir offrir des services semblables.

C’est par un beau matin, à mon réveil, qu’il me vint alors l’idée de préparer une formation sur mon approche en coaching familial. « On verra si ça intéresse des gens » me suis-je dit. J’ai alors préparé une première formation de quatre jours et passé toutes mes soirées à expédier des courriels aux organismes et intervenants du secteur privé. Surprise! Ma première cohorte comptait pas moins de 12 participants emballés. J’ai donc ensuite tenté ma chance à Montréal, puis à Sherbrooke et à chaque fois, le succès de la formation allait au-delà de mes espérances. J’ai pu garder ma maison, puis engager une première adjointe pour m’aider à développer ce projet.

Un succès inespéré!

IMG_2183 - petiteL’intérêt pour la formation en coaching familial ainsi que pour l’Approche Responsabilisante que j’ai développée à la même époque n’a cessé de croitre par la suite. La formation est passée de 4 à 6 jours pour ensuite atteindre 9 jours. De plus, une foule d’autres formations plus pointues sont également venues s’y greffer, transformant ainsi la formation de base en un programme complet.

C’est à l’automne 2013 que l’école de coaching familial Nancy Doyon pris officiellement son envol, la première du genre au Québec. S’adressant aux intervenants en enfance et aux intervenants des services publics et privés, l’école dispose d’un programme qui comprend une formation de base de 12 jours ainsi qu’une gamme variée de formations connexes servant à aiguiller les intervenants sur les particularités de l’approche et de l’intervention en coaching familial.

Après deux ans d’existence, l’école connu un succès fulgurant et je dû alors former d’autres enseignants pour me relayer et m’appuyer dans le développement de l’entreprise. Des demandes émergeaient de partout dans la francophonie et tout ce beau monde voulait suivre ma formation. En 2014, un Belge a fait le voyage jusqu’au Canada pour venir chercher l’expertise nécessaire afin de développer des services dans son pays. Suite à sa visite, je pris la décision de mettre sur pied, en collaboration avec coaching Québec, une première cohorte au Maroc. Le succès fut phénoménal. J’ai ensuite répété l’expérience avec la France et dès l’automne prochain, c’est la Belgique et la Suisse qui s’ajouteront à la liste des pays visités par l’école de coaching familial Nancy Doyon. Devant la demande grandissante pour les formations à l’étranger, les besoins en formation web deviennent également une réalité à laquelle je devrai pallier.

Parallèlement, le coaching familial fait de plus en plus d’adeptes au Québec. Malheureusement, le titre de coach familial n’étant pas règlementé, n’importe qui peut s’afficher sous cette appellation. Nait alors le réseau Nanny Secours, fondé et dirigé par Hélène Fagnan, une amie et collègue. L’objectif du réseau est de regrouper les coachs familiaux sous une même bannière, de faire connaître le coaching familial et surtout, d’offrir aux parents une ressource où ils seront certains de trouver des intervenants qualifiés et possédant un bagage clinique et une expertise solide.

Au printemps 2016, l’entreprise SOS Nancy remporte avec fierté le trophée des Fidéides dans la catégorie micro-entreprise de l’année. Le prix est décerné par la Chambre de commerce et d'industrie de Québec aux entreprises qui rayonnent dans la région. Quelle soirée de fierté! Jamais je n’aurais cru voir mon projet s’accomplir à ce point et décrocher un tel honneur. Moi qui ne me croyais pas douée pour les affaires!

fideides-laureats2016D’autres conférences, formations et livres!

En marge de l’école de coaching familial et de l’équipe de coachs de SOS Nancy, j’ai également développé une solide expertise avec mes conférences et formations à travers le Canada. Je donne aujourd’hui plus de 120 conférences et formations par année. D’autres formateurs et conférenciers viendront progressivement se greffer à mon équipe afin d’étoffer l’offre de service.

C’est avec la volonté de rendre accessible son approche que SOS Nancy offre une cinquantaine de sujets de conférences et de formations destinées aux parents et aux intervenants du milieu scolaire, des garderies et des CSSS. Par des ateliers, des ateliers-conférences ou des conférences, les parents et les intervenants ont la possibilité d’en apprendre davantage sur différents thèmes, dont l’intimidation, le développement de l’enfant, la discipline et l’encadrement. Gagnant toujours en popularité, ces formules sont appréciées, car elles sont flexibles et facilement adaptables.

À travers cette vie très occupée, je continue d’écrire le très populaire « Parents gros bon sens » qui est rapidement devenu un livre à succès et compte plus de 15 000 exemplaires vendus. Le livre est également distribué en Europe et a récemment été traduit en espagnol.
Trois livres sur l’intimidation ont ainsi vu le jour et sont largement utilisés, surtout dans le milieu scolaire. Un autre titre a été publié en novembre 2015 sur le sommeil des enfants (SOS dodo). La sortie d’un ouvrage sur la responsabilisation des enfants est prévue pour l’automne 2016 et celle d’un livre concernant l’anxiété chez les 0-5 ans, pour l’hiver 2017.

Encore des projets?

Le cerveau toujours en ébullition, entourée de gens dynamiques et extraordinaires, et devant les besoins grandissants des familles, des enfants et des divers intervenants, je ne peux que continuer de rêver, d’imaginer et de développer encore et encore. Ce nouveau projet de formation web avec mon collègue et ami Joel Monzée est un nouveau pas en avant qui me comble d’excitation et de gratitude. C’est un immense privilège que de pouvoir faire la différence, si petite soit-elle, dans la vie d’un enfant. Et chaque jour je suis extrêmement reconnaissante pour les opportunités et les gens extraordinaires que la vie a placés sur mon chemin. Avec le recul, je remercie aussi chacune de mes épreuves puisqu’elles ont fait de moi qui je suis. À votre tour de foncer, VOTRE vie vous attend!
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